Ayekoro Kossou : réalisateur, organisateur de festivals et découvreur de talents !

Une personnalité riche et éclectique

Ayekoro Kossou est né au Bénin il y a une quarantaine d’années. Pour conserver la mémoire de ses origines plus lointaines, son prénom  Yarouba, (une langue Nigérienne), signifie : « la vie n’est pas toujours simple, dans le sens qu’il faut savoir la prendre à bras le corps ». C’est effectivement ce qu’il a fait en découvrant un autre pays dès son plus jeune âge.  Entre 3 et 16 ans, il grandi au Sénégal puis arrive en France avec sa famille où il poursuit des études.  Adolescent, Ayekoro suit une formation en informatique mais sa dernière année de formation – alors qu’il n’a qu’une vingtaine d’années – il découvre l’image pour raconter des histoires.  Il apprend à monter les rushes pour mieux réaliser courts-métrages et documentaires, et mieux échanger avec les monteurs.  Toujours adolescent, il réalise un court-métrage sur un handicapé physique pour une association de Bobigny où il habite. Les réactions sont encourageantes mais il faut bien vivre, il décide de poursuivre une carrière dans l’informatique.

Les débuts de sa carrière de réalisateur

Dix ans sont passés, Ayekoro décide de donner corps à sa passion, il suit une formation « scénario et production » à l’ESRA. C’est à ce moment-là que débute réellement sa carrière avec la réalisation d’un documentaire de 16 minutes sur une ONG au Bénin. La thématique est particulièrement douloureuse, il s’agit de raconter la vie d’une famille dont les 3 enfants sont atteints de myopathie. L’objectif est d’aider l’ONG qui a besoin d’un documentaire institutionnel afin de mieux communiquer sur la maladie.  Documentaire qui sera présenté au festival « entre deux marches » à Cannes sur le handicap, et où il sera bien accueilli par les spectateurs.  Ayekoro poursuit avec l’adaptation d’une histoire courte, d’une fiction « à cœur ouvert », qu’il tourne en 2012. Il traite de la mixité par rapport à la couleur de peau dans un couple avec les problématiques d’acceptation pour constater que les problèmes de fond restent universels. La même année il monte son premier festival « un court tournable ».

Une société de production et des nouveaux objectifs !

Conforté dans ses choix, Ayekoro crée sa société de production « un autre regard » en 2013.  Il poursuit la mise en place de festivals « un court tournable » qu’il finit par rendre incontournables car il en organise 4 chaque année. Pour chacun d’entre eux il visionne près de 100 courts-métrages. Seuls 5 à 7 d’entre eux sont retenus pour une durée d’environ 1 heure 30 de projection. La sélection des films se fait sur des critères de diversité de décors et de cultures, à la fois dans le genre et aussi sur des histoires qui ont un message à faire passer au-delà de la belle image. Ces histoires permettent de faire voyager les spectateurs. Ayekoro recherche également des réalisateurs qui n’hésitent pas à casser les codes cinématographiques pour mieux se les réapproprier, il appelle cela des films « ovni ». Ce sont des films moins conventionnels et qui ont besoin d’être aidés. Il ne veut pas les mettre à l’écart.

Une actualité bien remplie

Le vendredi 9 mars 2018 , Ayekoro  organise déjà la 23ème Edition du Festival du court-Métrage. Grâce à ces festivals, les auteurs se font connaitre du public. Suite à la projection, celui-ci peut débattre avec les réalisateurs. Une double démarche qui permet à ceux-ci de se faire connaitre, de montrer leurs films et de débattre avec les spectateurs. Un moyen aussi de passer un bon moment et de découvrir des nouveaux talents. Les discussions peuvent se poursuivre autour d’un cocktail qui clos la soirée.

Ayekoro n’en oublie pas pour autant son métier de réalisateur, il travaille actuellement sur deux projets de courts-métrages, l’un est plus avancé que l’autre, mais nous n’en saurons pas plus pour le moment.

Site : https://filmfreeway.com/uncourttournable

Anne Connin

Journaliste

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